Conjoncture industrielle : une progression en septembre, des tensions sur les intrants

L’activité industrielle a continué de progresser en septembre, mais moins qu’espéré, et les chefs d’entreprise comptent sur une accélération en octobre : c’est le diagnostic de l’enquête mensuelle de conjoncture de la Banque de France publiée le 12 octobre 2026.

En bref
– Production industrielle en hausse en septembre, mais en dessous des prévisions des industriels.
– Aéronautique et équipements électriques tirent les carnets de commandes ; bois-papier et caoutchouc-plastique restent faibles.
– Les coûts des intrants remontent et ne passent que partiellement dans les prix de vente.
– Recrutement difficile pour 18 % des entreprises, toutes branches confondues.

Que dit l’enquête de la Banque de France pour septembre ? #

La publication de la Banque de France repose sur environ 8 500 entreprises ou établissements interrogés entre le 27 septembre et le 5 octobre. Pour l’industrie, la tendance reste positive : l’activité progresse en septembre.

La banque centrale nuance aussitôt : la hausse est « moins forte qu’anticipé » et masque des écarts nets entre branches. La production reste dynamique dans l’aéronautique, alors qu’elle demeure faible dans le bois-papier-imprimerie et dans le caoutchouc-plastique-verre.

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Des carnets de commandes très inégaux

Même contraste côté commandes. Les carnets sont décrits comme « particulièrement étoffés » dans l’aéronautique et les équipements électriques, mais dégradés dans plusieurs autres branches. Pour octobre, les dirigeants interrogés anticipent une accélération de la production industrielle.

Au niveau de l’économie entière, la Banque de France estime que le PIB progresserait de 0,1 % au troisième trimestre.

Approvisionnement, coûts, recrutement : où sont les tensions ? #

Trois points de friction ressortent de l’enquête, et ils concernent directement les services achats, méthodes et production.

L’approvisionnement d’abord. Les difficultés sont globalement stables, mais restent élevées dans certaines branches industrielles dynamiques. Autrement dit, ce sont les ateliers qui ont le plus de commandes qui peinent le plus à se fournir.

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Les coûts ensuite. Les entreprises industrielles font face à un regain de pression sur le prix de leurs intrants. Selon la Banque de France, cette hausse ne se transmet que partiellement aux prix de vente, ce qui comprime les marges.

Le recrutement enfin. Les difficultés remontent légèrement et touchent 18 % des entreprises. L’incertitude, elle, remonte nettement en septembre, portée notamment par les prix des carburants et le contexte économique général.

Comment ces chiffres s’articulent-ils avec ceux de l’Insee ? #

La Banque de France interroge des chefs d’entreprise ; l’Insee mesure la production réelle avec un mois de décalage. Selon son indice de la production industrielle d’août 2026, la production manufacturière a rebondi de 0,3 % en août, après -0,8 % en juillet, tandis que l’ensemble de l’industrie reculait encore de 0,3 %.

Le chiffre de septembre de l’Insee est attendu le 5 novembre 2026. Il permettra de vérifier si la progression déclarée par les industriels se retrouve dans les volumes produits.

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Que faire côté projets industriels cet automne ? #

Pour un responsable de site qui prépare un investissement (convoyage, stockage automatisé, ligne d’emballage), cette conjoncture plaide pour la prudence sur les délais plutôt que sur les budgets.

Sécuriser les délais avant les prix

Quand les tensions d’approvisionnement se concentrent dans les branches les plus chargées, les fournisseurs d’équipements électriques et de composants sont souvent les premiers concernés. Demander des délais de livraison fermes, avec pénalités, pèse alors autant dans la comparaison des offres que le prix unitaire.

Dans une grille d’évaluation, il devient utile de pondérer davantage la disponibilité des pièces de rechange et la capacité du fournisseur à tenir un planning, surtout pour un projet clé en main.

Anticiper l’indexation dans les contrats

La pression sur le coût des intrants, que la Banque de France décrit comme partiellement répercutée, finit tôt ou tard dans les devis. Un cahier des charges qui précise la durée de validité des offres et les éventuelles clauses de révision évite les mauvaises surprises entre la consultation et la commande.

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Côté ressources humaines, avec près d’une entreprise sur cinq en difficulté de recrutement, la formation des équipes de maintenance sur les nouveaux équipements mérite d’être chiffrée dès la phase de projet, et non après la mise en service.

Questions fréquentes #

L’industrie française a-t-elle progressé en septembre 2026 ?

Oui, selon l’enquête de la Banque de France publiée le 12 octobre, mais moins fortement que ce qu’anticipaient les chefs d’entreprise.

Quelles branches industrielles vont le mieux ?

L’aéronautique et les équipements électriques ont les carnets de commandes les plus étoffés ; le bois-papier-imprimerie et le caoutchouc-plastique-verre restent faibles.

Quand saura-t-on si la production a vraiment augmenté ?

L’Insee publiera l’indice de production industrielle de septembre le 5 novembre 2026.

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