Choisir un équipement industriel, arbitrer un investissement ou piloter un contrat de service suppose de maîtriser un vocabulaire précis, à mi-chemin entre technique et gestion. Ce lexique des solutions industrielles réunit les termes clés que rencontre tout acheteur ou décideur lors d’un projet : montage financier, appel d’offres, indicateurs de fiabilité, garanties et maintenance. Chaque entrée va à l’essentiel : ce que le terme signifie, à quoi il sert et pourquoi il pèse dans une décision d’achat.
01Cahier des charges fonctionnel
Document qui exprime un besoin en termes de fonctions à remplir et de résultats attendus, plutôt qu’en solutions techniques imposées. Il laisse aux fournisseurs la liberté de proposer leur propre réponse, tout en fixant des contraintes et des critères d’évaluation. Bien rédigé, il structure l’appel d’offres et sert de référence contractuelle jusqu’à la réception de l’équipement.
02TCO (coût total de possession)
Le Total Cost of Ownership additionne l’ensemble des coûts d’un équipement sur toute sa durée de vie : achat, installation, énergie, consommables, maintenance, formation et démantèlement. Il évite de se focaliser sur le seul prix d’achat, qui ne représente souvent qu’une fraction de la dépense réelle. Comparer les offres au TCO révèle parfois qu’une solution plus chère à l’achat est plus économique à l’usage.
03ROI (retour sur investissement)
Indicateur qui mesure le gain généré par un investissement rapporté à son coût, généralement exprimé en pourcentage ou en délai de retour. Pour un équipement industriel, il intègre les économies réalisées, les gains de productivité et les revenus supplémentaires. Un ROI attractif et un temps de retour court sont souvent décisifs pour valider un projet auprès de la direction financière.
04CAPEX / OPEX
Le CAPEX (capital expenditure) regroupe les dépenses d’investissement, comme l’achat d’une machine, tandis que l’OPEX (operational expenditure) couvre les dépenses de fonctionnement récurrentes : énergie, consommables, maintenance, location. L’arbitrage entre les deux structure les choix de financement — acheter (CAPEX) ou souscrire un service (OPEX) — et influe directement sur la trésorerie et le bilan.
05Rétrofit
Modernisation d’un équipement existant plutôt que son remplacement complet : remplacement de l’automate, de la motorisation, de la commande numérique ou ajout de capteurs. Le rétrofit prolonge la durée de vie d’une machine, améliore ses performances et sa conformité, souvent pour un coût inférieur à celui d’un investissement neuf. C’est une alternative fréquente pour fiabiliser un parc vieillissant.
06Intégrateur
Prestataire qui conçoit, assemble et met en service une solution industrielle en combinant des équipements de différentes marques pour répondre à un besoin précis. L’intégrateur assure la cohérence de l’ensemble — mécanique, électrique, automatisme, informatique — et sert souvent d’interlocuteur unique. Son rôle est central sur les projets d’automatisation ou de ligne complète.
07Appel d’offres
Procédure par laquelle une entreprise met en concurrence plusieurs fournisseurs pour un achat ou un projet, sur la base d’un cahier des charges. Les candidats remettent une offre technique et commerciale, comparée selon des critères définis à l’avance : prix, délais, qualité, garanties, TCO. L’appel d’offres vise à obtenir la meilleure proposition tout en objectivant la décision d’achat.
08OEM (fabricant d’équipement d’origine)
Original Equipment Manufacturer désigne le fabricant d’origine d’un équipement ou d’un composant, par opposition aux revendeurs, distributeurs ou intégrateurs. Acheter en direct auprès de l’OEM peut garantir l’authenticité des pièces détachées et l’accès au support constructeur. Le terme sert aussi à distinguer les pièces d’origine des pièces adaptables sur le marché de la rechange.
09Preuve de concept (POC)
Le Proof of Concept est une expérimentation à petite échelle destinée à vérifier qu’une solution fonctionne réellement dans le contexte de l’entreprise avant tout déploiement. Il permet de tester la faisabilité technique, de mesurer les bénéfices attendus et de réduire le risque d’un investissement. Un POC concluant sécurise la décision ; un POC décevant évite un achat coûteux et inadapté.
10SLA (accord de niveau de service)
Le Service Level Agreement est un engagement contractuel qui fixe le niveau de service attendu d’un prestataire : délai d’intervention, temps de rétablissement, taux de disponibilité garanti. Il précise aussi les pénalités applicables en cas de non-respect. Le SLA est un point clé des contrats de maintenance et d’infogérance, car il traduit la fiabilité promise en obligations mesurables.
11Amortissement
Répartition comptable du coût d’un équipement sur sa durée d’utilisation, qui traduit la perte de valeur du bien au fil du temps. L’amortissement étale la charge sur plusieurs exercices plutôt que de l’imputer en une seule fois, ce qui influe sur le résultat et la fiscalité de l’entreprise. Sa durée dépend du type de matériel et des règles comptables en vigueur.
12Disponibilité (uptime)
Part du temps pendant laquelle un équipement est réellement apte à fonctionner, exprimée en pourcentage. Une disponibilité de 99 % signifie que la machine est opérationnelle 99 % du temps requis, le reste correspondant aux arrêts pour panne ou maintenance. C’est un indicateur central des contrats de service, car chaque point de disponibilité en moins se traduit par des pertes de production.
13MTBF (temps moyen entre pannes)
Le Mean Time Between Failures mesure la durée moyenne de bon fonctionnement d’un équipement entre deux défaillances. Plus le MTBF est élevé, plus la machine est fiable. Cet indicateur sert à comparer des matériels, à dimensionner les stocks de pièces et à planifier la maintenance préventive. Il figure souvent dans les données constructeur et les critères de sélection d’un fournisseur.
14MTTR (temps moyen de réparation)
Le Mean Time To Repair mesure la durée moyenne nécessaire pour remettre un équipement en état après une panne, du diagnostic à la remise en service. Un MTTR faible signale une maintenance efficace et un bon accès aux pièces détachées. Combiné au MTBF, il permet de calculer la disponibilité et d’apprécier la qualité du support proposé par un prestataire.
15GMAO
La Gestion de Maintenance Assistée par Ordinateur est un logiciel qui centralise le suivi de la maintenance d’un site : parc d’équipements, ordres de travail, planning préventif, stocks de pièces et historique des interventions. Elle aide à fiabiliser les machines, à maîtriser les coûts et à documenter les indicateurs comme le MTBF ou le MTTR. C’est un outil de pilotage souvent exigé dès l’achat d’un équipement.
16Contrat de maintenance
Engagement par lequel un prestataire assure l’entretien d’un équipement selon des conditions définies : périodicité des visites, prestations incluses, délais d’intervention, pièces couvertes. On distingue la maintenance préventive, programmée, de la maintenance curative, déclenchée sur panne. Adossé à un SLA, le contrat de maintenance sécurise la disponibilité et lisse le coût d’exploitation dans le temps.
17Étude de faisabilité
Analyse préalable qui évalue si un projet est réalisable sur les plans technique, économique, réglementaire et organisationnel. Elle chiffre les coûts, les délais et les bénéfices attendus, et identifie les risques et les alternatives possibles. Menée avant l’engagement financier, elle éclaire la décision d’investir et sert de base au dossier soumis à la direction.
18Crédit-bail (leasing)
Mode de financement par lequel une entreprise loue un équipement auprès d’un organisme financier, avec une option d’achat à l’échéance du contrat. Le crédit-bail préserve la trésorerie en évitant un décaissement immédiat et transforme un investissement (CAPEX) en charge locative (OPEX). C’est une solution courante pour équiper un atelier sans mobiliser de capitaux propres.
19Benchmark fournisseurs
Comparaison méthodique de plusieurs fournisseurs sur des critères objectifs : prix, qualité, délais, garanties, références, solidité financière et service après-vente. Le benchmark aide à situer les offres les unes par rapport aux autres et à négocier sur des bases factuelles. C’est une étape utile en amont d’un appel d’offres ou pour rationaliser un panel de partenaires existants.
20Garantie / SAV
La garantie couvre, pendant une durée définie, le remplacement ou la réparation d’un équipement défaillant à la charge du fabricant ou du vendeur. Le service après-vente (SAV) prolonge cet accompagnement au-delà : dépannage, pièces détachées, assistance technique et maintenance. La qualité et l’étendue du SAV, souvent formalisées dans un SLA, sont des critères majeurs de choix d’un fournisseur industriel.